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Vivre sans les réseaux sociaux

26 août
4 min de lecture

J'ai grandi à l'époque des blogs. Ces sites permettant de partager sa passion avec des amies mais également d'autres personnes inconnues qui pratiquent le même sport ou les mêmes passe-temps. J'y rédigeais mes séances de travail à pied avec mon poney que j'illustrais avec des vidéos, réalisées avec mon appareil photo calé sur un rondin au bord de la carrière. Appareil photo qui glissait une fois sur deux, donnant un style penché-décalé à certaines vidéos, notamment celles où l'exercice réalisé était parfait ! Puis, je passais des heures à réaliser un montage vidéo de 5 minutes ... enfin le montage me prenait 15 minutes et les autres 45 minutes étaient consacrées à la recherche d'une musique parfaite (et libre de droit). Grâce à ce blog, j'ai fait des rencontres à travers la France et j'ai même organisé un road-trip en Bretagne pour rencontrer à mon tour les personnes que je lisais.


Écrire, raconter, partager ...


À la fin des blogs, j'ai donc rejoint le nouveau réseau social en développement : Facebook. Je pouvais ainsi partager mes vidéos, mes récits de séances mais également suivre les aventures des autres personnes. Il était aussi possible de rejoindre des groupes de passionnés pour échanger sur nos pratiques, partager des astuces, etc. Cela me permettait aussi d'avoir des nouvelles de mes amies proches, de voir des photos de leur famille grandissante ou de leurs vacances ... Puis, créatrice d'associations, cette plateforme m'a permise de développer mon réseau, de faire connaître mes activités et encore une fois de rencontrer de nouvelles personnes.


Échanger, discuter, rencontrer ...


J'entends parler de plus en plus d'Instagram. Mes amies me partagent des réels, des comptes à visiter ... bloquée par l'inaccessibilité des contenus car je n'ai pas de compte, je m'inscris. Après tout, Facebook bat un peu de l'aile, je vais aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs. J'entre donc dans le monde d'Instagram à l'arrivée de ma chienne. J'ai envie de découvrir cet univers, d'échanger avec d'autres parents de chiens, d'avoir des conseils et astuces ... J'ouvre une page pour partager les aventures de randonnée avec ma chienne. Mais rapidement, je découvre un univers d'apparence et d'exigence ! Si je ne publie pas tous les jours (voire 3 fois par jour pendant que je mange) ma page n'est partagée à personne, même pas aux personnes qui ont décidé de me suivre. Productivité, contenus rapides à consommer, images spectaculaires ... voilà les exigences de mes suiveurs. Et Facebook a suivi le même procédé ... Je prends donc du temps de créer du contenu qui ne sera peut-être visible par personne. Mon besoin de partage et d'échange n'est finalement pas comblé. Je me rends compte qu'Instagram n'est qu'une toile d'exposition de vies personnelles donnant l'impression aux autres qu'ils sont médiocres. Je me sens médiocre ... je ne suis pas allée (encore) en Norvège, je n'ai pas acheté le dernier gadget à la mode et peut-être vais-je rater l'événement du siècle où il faut être car j'ai un repas de familles.


Je me compare, j'envie, je déteste ...


En quelques mois sur Instagram, je scrolle sans arrêt. Il ne faudrait surtout pas rater le dernier réel ou le (22ème) jeu concours de la semaine ... et pourtant, je suis les conseils : mes notifications sont coupées. L'été 2025, en rentrant de vacances, mon téléphone remplit de contenus instagrammables réalisés avec mon stabilisateur, je décide de quitter Instagram. Ce sera la première étape de mon sevrage des réseaux sociaux. Il me reste Facebook, un réseau social que j'utilise essentiellement pour la visibilité de mon association. Mon toc de scrollage s'étant reporté sur cette application, j'y ajoute un temps de connexion. Je repousse chaque jour mon temps d'écran ... encore un peu, je n'ai pas terminé cette vidéo d'une personne que je ne connais pas et vante les bienfaits de cet appareil que je n'achèterai jamais.


L'algorithme, les publicités, les contenus suggérés ... mon espace numérique ne m'appartient plus.


Je n'arrive pas à me contrôler, il faut donc tout supprimer. L'été 2026, je franchis la dernière étape de ma déconnexion numérique ... je mets mon compte Facebook en pause. Au début, je prenais mon téléphone puis béatement je ne savais plus quoi en faire. Où aller, que faire des mes pouces, où puiser les informations du monde ? Je n'ai jamais autant consulté l'application de mes mails, visiblement moins productives que les applications de réseaux sociaux. Et d'un coup, j'ai (re)découvert tout ce temps que j'avais à ma disposition. J'ai également retrouvé davantage de concentration dans la réalisation de tâches uniques. J'ai rédigé cet article sans regarder une seule fois mon téléphone. Il n'est plus l'objet principal de ma vie permettant de partager avec le monde entier mon quotidien. Les instants que je partage avec mes animaux et mes proches sont dorénavant consignés dans des albums photos papiers ou envoyés directement aux personnes que je connais physiquement.


Aujourd'hui, lancé dans un nouveau projet professionnel je me lance un défi : développer ma communauté de manière humaine et locale. En allant à la rencontre des gens, en m'investissant dans mon écosystème et en contactant d'autres professionnels pour créer du réseau. Je souhaite prendre le temps, loin de ce rythme effréné dicté par les réseaux sociaux. Je pense qu'il sera plus bénéfique d'être (re)connue pour ce que je suis plutôt qu'à travers ce que je montre.



 
 
 

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